Le crochet comme thérapie

Crochet, tricot, couture… j’ai pratiqué tout cela dans mon enfance sous l’oeil attentif de ma mère et d’une grand-tante très très âgée. C’est ainsi que l’on éduquait les jeunes filles dans ma famille, sorte de génération à cheval entre des rêves d’émancipation et du qu’en dira-t-on. A ce moment là, je tricotais des petits ouvrages sans vraiment savoir si j’aimais cela, si c’était pour mon mon plaisir ou pour recevoir l’approbation des femmes de la maison. Je recevais régulièrement des pulls que je détestais mais qu’il fallait porter, des trucs qui grattaient et qui serraient le cou, des trucs moches avec des motifs moches. Et les affreux napperons qui jaunissent avec l’usure qu’on trouvait partout, sur la table, le dossier du fauteuil, sur la télévision (arf :-)) sous presque chaque objet décoratif de la maison.

Puis paf, vient le temps que le tricot c’est plus ringard, que partout sur les réseaux sociaux, les pinterest et les blogs, le tricot est devenu beau, tendance et chic. Le net fleurit de créations plus originales les unes que les autres. Le crochet a même son désigner phare (je vous conseille de découvrir l’univers de Anne-Claire Petit, une référence dans le crochet chic & design : Anne-Claire Petit).

1 – La méditation par le crochet

Une petite phrase de Beaudelaire : « Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme. »

L’esprit arrête de se balader partout où il ne devrait pas, il arrête de s’épuiser à emmêler les fils des histoires du passé, à faire des noeuds sur les affres d’un demain hypothétique. L’esprit est concentré sur une seule chose, le présent, la réalité du point de crochet qui est réalisé. Le vagabondage mental prend-il le pas et hop on rate une maille, on oublie de compter, il faut s’arrêter et reprendre là où ça a commencé à vagabonder… le tout avec bienveillance, le dérapage est rarement long, on reprend tranquillement l’ouvrage comme s’il ne s’était rien passé.

Et puis, il y a ouvrages qui demandent moins de concentration, qu’on peut faire devant la télévision ou en écoutant une émission de radio, les ouvrages dont les mailles se suivent et se répètent, pour faire une couverture ou une écharpe. L’enchainement répétitif des mailles c’est une rythmique, comme dans la course à pied (le souffle, la cadence des pas, le rythme cardiaque), comme le tambour du chamane, cette rythmique de la gestuelle apaise l’esprit, le corps & l’esprit redeviennent unis/amis.

En ce moment, quand je fais du crochet, j’écoute en boucle les vidéo de Ganga Mira : un femme fascinante d’une grande beauté.

2 – La liberté de ne jamais terminer un ouvrage

La liberté de commencer un ouvrage, de le laisser de côté et de ne jamais le terminer à moins qu’un jour … j’y revienne ou décide de commencer un nouvel ouvrage. Personne ne viendra me le reprocher. Au milieu des tas d’obligations professionnelles et de la vie courante, je m’accorde cette faveur de m’affranchir des « obligée de », « il faut », « il faudrait », « je dois », « je devrais ».

Je suis en accord avec mes désirs et avec mes envies créatrices.

Je peux enfin affirmer sans rougir « Je peux pas, j’ai crochet »!

3 – Les couleurs

Manipuler des couleurs, c’est faire rentrer de la lumière dans un esprit malmené : La Chromathérapie par le tricot !

Nous, êtres humains, serions composés d’ensembles d’énergies qui influent sur notre esprit et notre corps et qui nous lient aux énergies du ciel et de la terre, etc. Comme nous menons des vies compliquées et que nous fonçons tête baissée sans prendre le temps de réfléchir à notre condition d’être humain, sans pouvoir de rester tranquille un moment, nous maltraitons nos énergies qui s’en trouvent déséquilibrées (ça c’est dans les grandes lignes, après il faut aller fouiller les petites lignes dans le bouddhisme, les philosophies orientales, etc.)

Petit lexique des couleurs des 7 chakras :

  • Rouge : périnée/coccix, la force vitale, la terre, l’encrage au monde matériel
  • Orange : nombril, sérénité émotionnelle, l’eau, moi et les autres
  • Jaune : plexus solaire, le soleil, l’égo qui brule ou le rayonnement
  • Vert : coeur, la nature verdoyante, l’amour inconditionnel à donner et à recevoir
  • Bleu : gorge, créativité, écoute, communication intérieure et extérieure
  • Bleu indigo : 3ème oeil, sagesse et discernement
  • Violet : sommet du crâne, connexion avec le divin et réalisation de soi

Un belle harmonie de couleurs dans un ouvrage, ça saute aux yeux, c’est agréable et beau. Trop de couleurs ou des couleurs qui s’entrechoquent, c’est déplaisant, l’effet visuel est immédiat.

Il existe flopée d’ouvrages passionnant sur la symbolique des couleurs à découvrir, en philosophie, ésotérisme, architecture, peinture, botaniques etc. !

Mes couleurs du moment, le bleu lumineux, le rose, le noir, le orange… mais jamais plus de 3 couleurs dans un seul ouvrage, au-delà je m’y perds.

4 – C’est Moi qui l’ai fait !

Ego oh mon bel ego !

Oui c’est moi qui l’ai fait, oui c’est mignon. Comment toi ? Tu fais du tricot ?

Je photographie mes créations, je les publie, je les offre, je les vends, je récolte toute une moisson  de compliments & de sourires… c’est une fabrique de petits bonheur, encore plus gratifiant qu’un selfie. Dans le fond, les photographies de mes « oeuvres » sont mes meilleurs selfies, les meilleurs angles de vue de ma personne… vive mon Ego & je milite pour la distribution de câlins !

 

Anne

 

 

 

 

Un commentaire

  1. Je suis totalement d’accord avec l’aspect méditation du crochet et du tricot. L’obligation d’un minimum de concentration aide à stopper les idées qui peuvent tourbillonner dans la tête et ça fait tellement de bien !

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